(-570 A ?)

Il naquit vers -570 et mourut très âgé sans que l’on connaisse la date exacte.

Xenophane n’est pas exclusivement philosophe, il se livre également au chant et à l’écriture. A 25 ans, il fuit devant l’invasion perse et quitte Colophon pour la Grèce, puis se rend à Elée et Syracuse. Il mène une vie errante, récitant ses propres poèmes.

Il fréquente vraisemblablement les pythagoriciens et possède des connaissances sur les initiations égyptiennes.

Il se montre très rude vis à vis du polythéisme et de l’anthropomorphisme. En effet, s’il y a plusieurs dieux, c’est que leur pouvoir respectif est limité puisque partagé. Quant à l’anthropomorphisme, il existe parce que l’homme voudrait que Dieu soit à son image et cela est strictement impossible. Dieu doit être vu comme :

Dieu ne peut être qu’immobile car l’action est provoquée par un besoin qui dénote un manque. Or, Dieu ne manque de rien alors il est immobile. De plus, si Dieu manquait de quoi que ce soit, il serait un Dieu frustré ; la frustration relève de l’imperfection ; Dieu dans sa perfection ne peut donc être qu’immobile.

De là naît une incompatibilité entre l’homme et son incessante activité mentale et les caractéristiques d’immobilité de Dieu. Il ne pense qu’à une seule et unique chose, il pense en globalité car le détail engendre la distraction et le mouvement. Le mouvement de la pensée est fatalement dualiste, il y a celui qui pense et ce qui est pensé. Il y a donc incompatibilité en UN(Dieu) et nos multiples pensées.

Pour Xénophane, il est très difficile d’acquérir la connaissance, ce qui a pour conséquence que l’homme ne pourra jamais l’acquérir dans sa globalité. La vie dans ce monde est faite d’opinions qui créent une opposition entre la vérité et l’apparence. Par un travail d’approfondissement du savoir, on peut extraire le meilleur, mais une idée n’est valide que si elle est confrontée à une réfutation. Dans ce cas, c’est la réfutation qui prend de la valeur. La sensation relève de l’opinion, dépend de l’expérience, et ne présente pas de validité propre.

Il présente une cosmogonie rudimentaire. La terre est le principe de toute chose. La cause du changement est l’eau qui fluidifie la terre (présence des fossiles). En donnant une théorie concrète, il s’oppose à la théorie fumeuse de la théorie pythagoricienne.




Il nous reste actuellement une quarantaine de fragments de deux de ses œuvres : De la Nature et Silles

« L'homme croit que les dieux ont sa propre nature,

Même corps, même voix et semblable vêture.

L'Ethiopien voit camus et noir le nez des dieux,

Le dieu Thrace est roux et il a les yeux bleus (1)

Mais s’ils avaient des mains, les lions et les boeufs,

S'ils faisaient oeuvre humaine et savaient dessiner,

On verrait dessiner des figures de dieux

Pareilles aux chevaux si les chevaux peignaient,

Et pareilles aux boeufs s'il s'agissait de boeufs,

Et l'on verrait ainsi des corps divins semblables

A ce qu'inspirerait chaque espèce animale. »

« Un seul Dieu, le seigneur des hommes et des dieux,

Dont ni l'esprit ni le corps ne sont ceux des humains...

Et tout entier il voit, il saisit, il entend.

Sans effort son esprit meut toute chose au monde.

De la terre tout naît, tout retourne à la terre.

Nous tous, nous sommes nés de la terre et de l'eau. »

« Il n’y a qu’un seul dieu, maître souverain des dieux et des hommes, qui ne ressemble aux mortels ni par le corps ni par la pensée. »

« Les dieux n’ont pas révélé toutes choses aux hommes dès le commencement ; mais en cherchant, ceux-ci trouvent avec le temps ce qui est le meilleur. »

Il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais d’homme qui ait une connaissance certaine des dieux et de tout ce dont je parle. Si même, par hasard, il lui arrivait de dire la parfaite vérité, il ne le saurait pas lui-même. Tous s’appuient sur l’apparence(opinion)